LA PSYCHOMOTRICITE

La Thérapie en Psychomotricité est un domaine professionnel de soin à la personne. Elle est présente désormais dans toutes les institutions thérapeutiques auprès de la psychologie, de l'orthophonie, de la kinésithérapie et de l'ergothérapie. Chaque corps de métier ayant sa spécificité et se complétant.

 

Etymologiquement Psychomotricité signifie "Mettre en action la pensée".

La pensée/le psychisme/le cerveau dirige l'action en s'appuyant sur des repères.

Ces repères sont: dans le Corps, l'Espace et le Temps.

Les repères ont été acquis tout au long du développement de la vie, mais certains peinent à s'intégrer pour diverses raisons, par exemple: un traumatisme, un manque de confiance, un blocage, et parfois un handicap.

Un renforcement de ces repères permet de réussir à s'organiser, à apprendre, à évoluer en confiance dans ses acqusitions motrices, son rapport à soi et aux autres.


La thérapie en psychomotricité propose à l'individu d'enrichir ses repères en passant par l'expérience corporelle, et en trouvant des nouveaux appuis.



POUR QUI?

Elle sera bénéfique par exemple chez le bébé en retard dans son développement, l'enfant qui bouge trop pour se concentrer ou qui s'organise mal dans son corps pour l'écriture, l'adolescent perdu dans ses ressentis corporels pour se situer face aux autres, l'individu freiné par ses handicaps pour agir sur le monde, la personne âgée qui serait en mal-être ou en difficulté pour maîtriser son corps changeant.

 

Pour en savoir plus: www.mapsychomotricite.com

Reflexes primitifs, troubles des apprentissages et du comportement
Publiée le mercredi 06 mars
 
Reflexes primitifs, troubles des apprentissages et du comportement
 

I)Que sont les réflexes primitifs ?

 

Appelés aussi "réflexes archaïques", les réflexes primitifs sont des programmes moteurs innés essentiels à notre survie et à notre développement physique, intellectuel et émotionnel. Les reflexes sont un programme constitué de schémas moteurs innés spécifiques associés à un ensemble d'éléments physique, chimique, thermique. Ils font partie de notre héritage ancestral.

Ils apparaissent in utéro pendant la grossesse ou après la naissance et sont pleinement actifs pendant la naissance et durant les premiers mois après la naissance. Après leur apparition, chacun de ces réflexes a une phase d'activation et de plein développement, puis d'inhibition laissant ensuite place aux réflexes posturaux.

 

Ils sont là pour assurer notre survie. Par exemple, pour naître, le bébé doit notamment positionner sa tête en bas, ramper dans le canal utérin, déclencher la respiration puis se nourrir en cherchant et tétant le sein.

 

Au-delà de la survie, les réflexes sont la base sur laquelle nous allons nous construire, nous organiser et faciliter nos apprentissages car leur rôle est fondamental pour l’établissement des connections entre les différentes zones du cerveau. Ce sont eux qui nous permettent de ressentir bien être, aisance, et succès dans nos activités qu'elles soient physiques, cognitives ou émotionnelles. Ils procurent joie, détente, assurance, confiance, audace et sécurité.

 

 

II)Importance du développement psychomoteur de l'enfant

 

Un nouveau né bouge comme un poisson sur la terre sèche. Dans la matrice, le fœtus a été capable de contrôler ses mouvements, de sucer son pouce, de jouer avec son cordon ombilical, de tourner et de changer de position dans cet espace étroit. Dans l'eau, le nouveau né est un nageur adroit, mais en dehors de l'eau, il perd sa mobilité et bouge sa tête et son tronc maladroitement et fait des mouvements saccadés avec ses bras et ses jambes.

 

A la naissance, le bébé est complètement impuissant et doit reprogrammer ses sens vestibulaires et kinesthésiques et son cerveau pour fonctionner hors d’un milieu aquatique. Il doit s’adapter aux nouvelles conditions terrestres et notamment à la gravité. Cette adaptation se fait par un programme inné de mouvements effectués les uns après les autres. Au début ces mouvements sont maladroits, mais peu à peu, ils deviennent plus accomplis jusqu'à ce que le bébé passe à un autre mouvement. C'est ainsi par exemple que le bébé pourra: couché sur le ventre, successivement, relever la tête, se relever avec les bras et les jambes avant de marcher à quatre pattes.

 

Il existe un programme intérieur inné de développement moteur et d'intégration des réflexes que le bébé suit. C’est la répétition rythmique de certains mouvements, comme par exemple rouler les fesses d'un côté et de l'autre en étant sur le ventre, ou se balancer en étant sur les mains et les genoux etc. Tout ceci va permettre le développement non seulement moteur mais aussi cognitif et émotionnel de l’enfant. Par le biais de tous ces types de mouvements rythmiques de l'enfant, la colonne vertébrale et les articulations du bébé apprennent à travailler ensemble et lui permettent de se lever sur les mains et les genoux et finalement de se mettre debout en gardant sa stabilité et son équilibre, puis de marcher, courir, sauter et grimper. Si sa colonne vertébrale et ses articulations n'apprennent pas à coopérer dans une position correcte, cela peut causer des tensions musculaires.

 

 

Sauter d'importants stades de développement moteur n'affectera pas seulement les capacités motrices de l'enfant mais également son développement émotionnel et cognitif.

 

Ce processus n'arrive pas tout seul. Le cerveau a besoin de stimulations par les sens, spécialement une stimulation par les sens de l'équilibre, tactile et kinesthésique, pour que les connections neuronales et la myélinisation puissent se mettre en place. Le bébé obtient ce type de stimulations lorsqu'il est touché et bercé par ses parents et en faisant continuellement des mouvements rythmiques tout seul. Ces mouvements se développent dans un certain ordre, en accord avec un programme inné, avec des variations individuelles.

 

Les enfants qui n'ont pas eu suffisamment de stimulations ou qui n’ont pas eu suffisamment la possibilité de bouger ou qui ont vécu des épisodes douloureux dans leur corps (fracture perinatale, RGO, hospitalisation necessitant beaucoup de piqûres) ou qui pour des raisons qui leur sont propres ne sont pas parvenu à se sentir en sécurité interne : ont gardé ces réflexes actifs par protection.

 

III)Conséquences de la non-intégration:

 

Ils peuvent alors présenter des troubles de l'attention, avec ou sans hyperactivité, des problèmes émotionnels, des difficultés d'apprentissages, des difficultés d'aisance corporelle, une fragilité narcissique, etc.

 

Car seule la bonne évolution des réflexes archaïques permet au bébé de :

 

 Tenir sa tête et de regarder devant lui (maitrise des muscles de la nuque)

 Ramper, marcher à quatre pattes

 Se mettre debout jusqu'aux apprentissages les plus fins comme le langage, la lecture, l'écriture...

 

Si ces réflexes ne s’intègrent pas, ils peuvent devenir persistants et parasiter l’enfant dans son développement ne lui permettant pas de mettre en place des comportements de coordination volontaires et de motricité fine.

 

L’enfant développe alors souvent des mécansimes de compensations comme :

 

 tenir son crayon de manière crispée

 avoir de mauvaises positions à sa table de travail

 

Par ailleurs, si ces réflexes ne se sont pas intégrés à temps, l’enfant va manquer de fondations solides pour certaines activités dans ses apprentissages. Par exemple :

 

 Il veut faire quelque chose mais «sa main n'obéit pas»

 Son accommodation visuelle est difficile

 Il ne peut pas envoyer la balle là où il le veut

 Il a des difficultés à coordonner ses mouvements

 Il a des difficultés à se concentrer

 Il fait de nombreuses fautes dans ses dictées

 Il lit avec difficulté

 Il inverse des lettres ou des sons

 Son expression orale ou écrite est difficile

 Il n’aime pas écrire, les lettres sont mal formées, le bras et la main se crispent

 Il éprouve des difficultés dans l’apprentissage des tables de multiplication

 Il dit souvent "je ne comprends pas les problèmes"

 L’apprentissage de la bicyclette ou la natation est difficile

 

L’enfant présentera aussi potentiellement des difficultés dans son comportement. Par exemple :

 

 Il bouge sans cesse et ne se tient pas assis tranquillement

 Il a des difficultés relationnelles, aime rester seul

 Sa concentration est courte

 Il est lent

 Sa posture en position assise est mauvaise, il est affalé sur la table ou tordu

 Il se sent maladroit, tombe souvent

 Il a besoin de dormir souvent et plus qu’un autre enfant

 

 

Chacune de ces difficultés peuvent être des conséquences de réflexes primitifs persistants.

 

 

 

Note importante!

 

Il est bien évident que ce qui précède est le développement théorique du travail sur les réflexes primitifs mais que chaque personne, enfant ou adulte, est unique ainsi que son développement. Seul un examen particulier permettra de mettre en évidence les difficultés et les réflexes concernés.

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